Caroline du Colombier (Amie de Napoléon)

Par Base Roglo le 10/09/2017


Première ´´amie´´ du jeune Napoléon Bonaparte. Au printemps 1786, elle se promena dans le verger de Basseaux en compagnie de Napoléon Bonaparte. Mais les déplacements de son régiment n´ont pas permis au jeune officier de rester auprès de Caroline. Aprés une absence de cinq années, ils se retrouvèrent en 1791 mais l´éloignement avait effacé de leurs coeurs d´éventuelles promesses. Napoléon Bonaparte découvre l´amour dans les bras de Caroline, une femme deux fois plus vielle que lui alors qu´il n´a que 16 ans. Cette première idylle pour ce jeune lieutenant reste très innocente, puisqu´il se contente de manger des cerises avec Caroline du Colombier qui aurait pu être sa mère. Avec Caroline du Colombier, à laquelle sa mère laisse plus de liberté, Bonaparte a peut-être quelque vague idée de mariage, quoiqu´il ait dix-sept ans à peine et qu´elle soit bien plus âgée. Mais, s´il eut du goût pour elle, si elle en montra pour lui, la cour qu´il lui lit fut de tous points chaste et réservée, un peu enfantine, tout à la Rousseau, le Rousseau de Mademoiselle Galley. Lorsqu´il cueillait des cerises avec Mademoiselle du Colombier, Bonaparte ne pensait-il pas aussi : « Que mes lèvres ne sont-elles des cerises ! Comme je les lui jetterais ainsi de bon coeur ! » Elle ne tarda pas à épouser M. Garempel de Bressieux, ancien officier, qui l´emmena habiter un château près de Lyon. Près de vingt ans après, à la fin de l´an XII, Napoléon, qui n´avait point revu sa cueilleuse de cerises, reçut au camp de Boulogne une lettre où elle lui recommandait son frère. Il répondit courrier par courrier et, avec l´assurance qu´il sai­sirait la première occasion d´être utile à M. du Colombier, il disait à Madame Caroline de Bressieux : « Le souvenir de Madame votre mère et le vôtre m´ont toujours intéressé. Je vois par votre lettre que vous demeurez près de Lyon ; j´ai donc des reproches à vous faire de ne pas y être venue pendant que j´y étais, car j´aurai toujours un grand plaisir à vous voir. » L´avis ne fut point perdu, et lorsque l´Empereur, allant au sacre de Milan, passa à Lyon le 22 germinal an XIII (12 avril 1805), elle fut des premières à se présenter : elle était bien changée, bien vieillie, plus du tout jolie, la Caroline d´antan. N´importe, tout ce qu´elle demanda, elle l´obtint : des restitutions de biens, une place pour son mari, une lieutenance pour son frère. En janvier 1806, pour le nouvel an, elle se rappelle au souvenir de l´Empereur, lui demandant des nouvelles de sa santé. Napoléon répond lui-même presque aussitôt. En 1808, il la nomme Dame pour accompagner Madame Mère, charge M. de Bressieux de présider le collège électoral de l´Isère, le fait, en 1810, baron de l´Empire. En 1825, lors du décès de son frère Philipe Robert du Colombier, elle demeure à Tullins, en Isère. Le Mercure de France du 1er aout 1949, sous la plume de Philippe de Benoît, nous rappelle l´évocation que Madame de Pampelonne fit dans ses mémoires de Caroline du Colombier : ´´Un des souvenirs intéressants de mon voyage à Paris fut aussi nos visites à Madame de Bressieux, autrefois Mademoiselle Grégoire du Colombier, la première passion de Napoléon, qui vivait encore bien que très âgée. Mon père qui la connaissait particulièrement m´emmena chez elle. Elle nous reçut à merveille, nous témoigna un vrai plaisir de revoir des compatriotes et me fit beaucoup de caresses. C´était une petite vieille toute proprette, toujours soignée dans sa mise, au point qu´on disait en riant qu´elle mourrait sans quitter ses gants ni son chapeau, et l´une des plus aimables que j´ai connues.´´ Dame d´honneur des cours françaises.